La Bourse de Tokyo signe un début d’année spectaculaire. Porté par un contexte politique clarifié et une stratégie de relance ambitieuse, le Nikkei 225 attire de nouveau les flux internationaux. ( crédit photo : Getty Images/iStockphoto )
La Bourse de Tokyo signe un début d'année spectaculaire. Porté par un contexte politique clarifié et une stratégie de relance ambitieuse, le Nikkei 225 attire de nouveau les flux internationaux. Le Japon peut-il redevenir un terrain d'investissement durablement attractif malgré les défis économiques auxquels il fait face ? Nous proposons quelques éléments de réponse pour y voir plus clair.
Sommaire:
- Le Japon est-il une nouvelle terre d'investissement?
- L'effet «Takaichi»: de l'enthousiasme à la mise en œuvre
- Une dynamique amorcée dès 2024
- Comment investir sur le Nikkei 225?
- L'art de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier
Le Japon est-il une nouvelle terre d'investissement?
Si l'affirmation peut sembler audacieuse, les chiffres montrent que l'optimisme gagne du terrain. En ce début d'année 2026, la tendance est sans appel: avec une progression de 10% depuis le 1er janvier, le Nikkei 225 surperforme nettement le CAC 40 (+3,70%), le DAX (+1,80%) et même les grands indices de Wall Street comme le Dow Jones (+1,60%) ou le Nasdaq (-1,60%).
Ce regain d'intérêt s'inscrit dans une tendance de fond: après la longue traversée du désert des années 1990-2000, l'indice japonais a retrouvé une dynamique haussière structurelle.
L'effet «Takaichi»: de l'enthousiasme à la mise en œuvre
Un des catalyseurs de cette euphorie porte un nom: Sanae Takaichi. Largement plébiscitée lors des dernières échéances électorales, la Première ministre bénéficie désormais d'une assise politique solide pour transformer l'essai.
Son programme de «sécurité économique» est au cœur des attentions. En ciblant des secteurs stratégiques comme les semi-conducteurs, l'intelligence artificielle et l'énergie, le gouvernement nippon entend faire du Japon un hub technologique incontournable face aux tensions géopolitiques mondiales. Le défi est désormais de passer des promesses électorales à une exécution concrète afin de soutenir durablement la consommation intérieure et de contrer les pressions inflationnistes.
Une dynamique amorcée dès 2024
Si la hausse actuelle impressionne, elle s'inscrit indubitablement dans une dynamique de long terme. En mars 2024, le Nikkei franchissait pour la première fois de son histoire le cap symbolique des 40.000 points. Ce dépassement intervenait après des décennies de déflation. Il est le fruit d'une réforme profonde de la gouvernance des entreprises (impulsée par la Tokyo Stock Exchange), laquelle visait à accroître la rentabilité des capitaux et les dividendes versés aux actionnaires.
Aujourd'hui, avec un yen compétitif pour les exportateurs et des valorisations raisonnables par rapport aux standards technologiques américains, le Japon offre un profil de diversification séduisant.
Prudence néanmoins, car les défis sont présents. L'inflation a approché les 3% en 2025 et la croissance du PIB reste fragile (+0,2% sur la période octobre-décembre 2025, contre un consensus de +1,6%). Le FMI a salué la résilience de l'archipel et a également estimé qu'une « détérioration brutale des conditions financières pourrait affaiblir la confiance et la demande intérieure ».
Comment investir sur le Nikkei 225?
Pour l‘épargnant français, s'exposer au pays du Soleil-Levant est aujourd'hui relativement simple. Plusieurs solutions existent pour investir sur le Nikkei 225 (indice pondéré par les prix de 225 fleurons japonais):
- L'achat direct d'actions: Le CTO permet d'accéder à l'ensemble du marché nippon et d'investir dans les entreprises composant le Nikkei (Toyota, Sony, Hitachi…), mais aussi les autres indices japonais (Topix, MSCI Japan).
- Via les ETF (Trackers): C'est la solution la plus efficace pour répliquer la performance globale du Nikkei 225 ou d'autres indices plus larges. Il existe plusieurs ETF orientés sur le Japon ; tous peuvent être intégrés dans un CTO. Le Japon est hors Union européenne, mais certains émetteurs proposent tout de même des ETF éligibles au PEA. (Exemple: Amundi PEA Japon (TOPIX) UCITS ETF EUR Acc - ISIN FR0013411980) . Idéal pour bénéficier des avantages fiscaux de ce dispositif après les 5 ans de détentions réglementaires.
L'art de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier
Faut-il donc investir sur le Nikkei 225? Comme souvent en Bourse, la réponse réside dans la diversification. Le Japon peut avantageusement compléter une allocation déjà exposée aux États-Unis ou à l'Europe, car elle y apporte une dynamique sectorielle et monétaire différente.
La hausse de près de 10% depuis janvier 2026 rappelle donc que le marché japonais n'est plus à ignorer. Mais comme pour toute zone géographique, mieux vaut investir progressivement, avec un horizon long terme et une allocation adaptée à son profil de risque.
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